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Soft skills : définition, exemples et liste complète

Par Robertino Calcaterra
Illustration abstraite Migbirds : familles de compétences comportementales

Les soft skills sont les compétences comportementales qui déterminent la façon dont une personne travaille : sa communication, son autonomie, sa gestion du stress, sa manière de collaborer et de s'adapter. Contrairement aux hard skills, qui décrivent ce qu'une personne sait faire, les soft skills décrivent comment elle le fait.

Que sont les soft skills ?

Ce sont les comportements qui déterminent la manière de travailler, par opposition aux savoirs techniques qui déterminent ce qu'on sait faire. Elles ne s'apprennent pas dans un manuel et n'apparaissent presque jamais sur un CV — ce qui explique en grande partie pourquoi elles sont si mal évaluées.

Quelques exemples concrets pour fixer l'idée : savoir dire qu'on ne comprend pas. Reformuler avant de répondre. Tenir un délai sans qu'on vous le rappelle. Signaler un problème avant qu'il devienne bloquant. Accepter une critique sans se justifier.

Aucune de ces cinq choses ne figure dans une fiche de poste. Toutes déterminent si une collaboration fonctionne.

Pourquoi dit-on « soft skills » en français ?

Parce que la traduction française existe mais n'a jamais pris. Les équivalents officiels sont compétences comportementales et savoir-être, tous deux corrects, tous deux perçus comme du vocabulaire administratif de RH.

Le résultat est visible dans les recherches Google : les francophones cherchent massivement le terme anglais, et cherchent aussi soft skills en français et soft skills traduction. Autrement dit, le mot circule plus vite que sa définition.

Les termes qu'on croise, et ce qu'ils désignent

  • Soft skills — l'usage dominant, y compris en français professionnel.
  • Compétences comportementales — la traduction la plus exacte. Utilisée dans les référentiels et les documents officiels.
  • Savoir-être — plus ancien, souvent associé à l'attitude et à la posture plutôt qu'aux compétences.
  • Compétences transversales — plus large : inclut les soft skills mais aussi des compétences techniques transférables d'un métier à l'autre.

Dans cet article, nous utilisons soft skills, parce que c'est le terme que tout le monde utilise réellement.

Quelle est la différence entre soft skills et hard skills ?

Les hard skills décrivent ce qu'une personne sait faire. Les soft skills décrivent comment elle le fait. Les deux s'apprennent ; une seule apparaît de façon fiable sur un CV.

Hard skills

Un langage de programmation, la comptabilité analytique, la maîtrise d'un logiciel, une langue étrangère, une certification. Elles sont mesurables, se prouvent par un diplôme ou un test, et se rattrapent par la formation.

Soft skills

La façon de communiquer, de décider sous incertitude, de réagir à un désaccord, d'organiser son travail sans supervision. Elles s'observent en situation, se mesurent avec difficulté, et évoluent par le feedback plutôt que par l'enseignement.

Pourquoi la distinction compte au recrutement

Parce que les processus de sélection sont construits pour évaluer les hard skills — CV, tests techniques, entretiens de compétences — alors que les échecs se produisent presque toujours sur l'autre versant.

Dans une étude Leadership IQ portant sur 20 000 recrutements dans 312 organisations, 89 % des échecs sont attribués au comportement plutôt qu'aux compétences techniques. La compétence technique elle-même ne représente que 11 % des causes.

Source : Leadership IQ, Why New Hires Fail. À noter : Leadership IQ est un cabinet privé et non une revue à comité de lecture — le chiffre est un signal directionnel fort, pas une mesure précise.

On recrute donc sur un versant et on se sépare des gens sur l'autre. C'est le paradoxe qui rend le sujet intéressant.

Quels sont les exemples de soft skills ?

Il en existe des dizaines, et les listes de cinquante items sont plus décoratives qu'utiles. Les regrouper par famille rend l'ensemble exploitable.

Compétences relationnelles

  • Communication — transmettre une information de façon claire, à l'écrit comme à l'oral.
  • Écoute active — comprendre ce qui est dit avant de répondre, y compris ce qui n'est pas dit explicitement.
  • Collaboration — travailler avec des personnes dont les méthodes ne sont pas les vôtres.
  • Assertivité — exprimer un désaccord sans agressivité et sans se taire.
  • Gestion du conflit — traiter une tension avant qu'elle se transforme en blocage.

Compétences cognitives

  • Résolution de problèmes — décomposer une situation complexe en éléments traitables.
  • Esprit critique — évaluer une information avant de l'accepter.
  • Créativité — produire une solution qui n'existait pas dans les options disponibles.
  • Capacité d'apprentissage — acquérir vite ce qu'on ne sait pas encore.
  • Priorisation — distinguer l'urgent de l'important quand tout semble prioritaire.

Compétences émotionnelles

  • Intelligence émotionnelle — identifier et gérer ses émotions et celles des autres.
  • Gestion du stress — maintenir sa capacité de décision sous pression.
  • Résilience — se remettre d'un échec sans perdre son engagement.
  • Empathie — comprendre la position de quelqu'un sans nécessairement la partager.
  • Conscience de soi — connaître ses limites et le savoir avant les autres.

Compétences organisationnelles

  • Autonomie — avancer sans avoir besoin qu'on vous dise comment.
  • Fiabilité — faire ce qu'on a dit qu'on ferait, dans le délai annoncé.
  • Gestion du temps — estimer correctement la durée d'une tâche.
  • Adaptabilité — changer de méthode quand le contexte change.
  • Prise d'initiative — agir sans attendre une instruction.

Quelles soft skills sont les plus recherchées ?

La réponse honnête dépend du poste et de l'équipe, ce qui explique la faible valeur des classements génériques. Mais il existe des données sérieuses sur les comportements qui comptent le plus dans l'évaluation de la performance.

Dans une étude publiée dans Work, 253 experts — chercheurs, managers, professionnels RH et spécialistes de santé au travail — ont sélectionné les indicateurs les plus importants de la performance individuelle au travail. Les comportements les plus fréquemment retenus :

  • Résilience — maintenir son efficacité sous pression ou face à l'adversité : retenu par 70 % des experts
  • Sens des responsabilités — assumer ses engagements et ses obligations : 67 %
  • Solutions créatives face à des problèmes nouveaux66 %
  • Actualisation des connaissances — se tenir à jour dans son domaine : 57 %
  • Prise d'initiative — agir spontanément sans y être invité : 51 %
  • Capacité à recevoir du feedback et à s'ajuster48 %
  • Gestion de l'incertitude — agir efficacement dans des situations ambiguës : 48 %

Source : Koopmans et al. (2014), Work 48(2), TNO-VU University Amsterdam. Publication à comité de lecture. Les pourcentages indiquent la proportion des 253 experts ayant retenu chaque indicateur parmi les plus importants de sa dimension.

La même étude établit que les dimensions comportementales représentent 63 % du poids attribué à la performance individuelle au travail — contre 36 % pour la performance de tâche à proprement parler.

Une nuance sur ce chiffre

Il s'agit d'une pondération d'experts, pas d'une corrélation prédictive. Ces praticiens ont été interrogés sur ce qu'ils pèsent quand ils évaluent un collaborateur, pas sur ce qui prédit statistiquement le rendement. Ce qui rend le résultat convaincant, c'est qui a répondu : des gens qui évaluent des collaborateurs chaque semaine.

Pourquoi la demande augmente

Ce n'est pas une impression. La prime salariale associée aux soft skills a doublé entre 1968 et 1990 sur le marché du travail américain.

Source : Bacolod & Blum (2008).

Un autre indice, dans un secteur où l'on s'attendrait à l'inverse : interrogés sur ce qui influence le plus la complexité d'un projet, 74,5 % des praticiens de la gestion de projet dans l'aéronautique désignent les facteurs humains et comportementaux — contre 21,3 % pour les processus et 8,5 % pour le produit lui-même.

Source : Azim et al. (2010), International Journal of Managing Projects in Business 3(3). Échantillon réduit (n=47), un seul secteur.

Les soft skills s'apprennent-elles ?

Oui, mais pas comme s'apprennent les compétences techniques. Elles évoluent par le feedback et la répétition en situation, pas par l'enseignement — et certaines évoluent beaucoup plus facilement que d'autres.

Ce qui bouge assez vite

Les habitudes de communication, la structuration du travail, la gestion du temps, la capacité à demander de l'aide. Ce sont des pratiques : elles changent quand on les pratique différemment, à condition d'avoir un retour sur ce qui ne fonctionne pas.

Ce qui bouge lentement

La tolérance à l'ambiguïté, le rapport au conflit, le besoin de contrôle, le rythme de décision naturel. Ces dimensions-là ne sont pas immuables, mais elles ne se corrigent pas en un trimestre de formation.

Pourquoi cela compte au moment du recrutement

Parce que tout ne se rattrape pas après l'embauche. Un manque de compétence technique se comble par la formation. Un décalage sur le rythme de travail ou le rapport à l'autonomie, presque jamais — et c'est précisément le type de décalage qui fait échouer une mission.

D'où l'intérêt de l'évaluer avant, plutôt que de le découvrir au sixième mois.

Comment évaluer les soft skills ?

Par un processus structuré : les mêmes questions dans le même ordre pour chaque candidat, notées selon une grille définie à l'avance, complétées par une évaluation comportementale standardisée. La conversation libre est la seule méthode que la recherche juge systématiquement peu fiable — elle mesure surtout l'aisance en entretien.

C'est un sujet à part entière, que nous traitons en détail dans Comment évaluer les soft skills avant de recruter.

Ce qu'il faut retenir

Les soft skills ne sont pas un supplément d'âme ajouté aux compétences techniques. Ce sont les comportements qui déterminent si les compétences techniques produiront quelque chose.

Trois points, si vous ne retenez que ceux-là :

  1. Les hard skills décrivent ce qu'une personne sait faire, les soft skills comment elle le fait. Les processus de recrutement évaluent le premier versant et échouent sur le second.
  2. Les dimensions comportementales représentent environ 63 % du poids attribué à la performance individuelle, selon un consensus d'experts publié.
  3. Elles s'apprennent, mais inégalement. C'est la raison pour laquelle il vaut mieux les évaluer au recrutement que les découvrir en cours de mission.

Évaluer le comportement, pas seulement le CV

Migbirds évalue les soft skills, la motivation et l'adéquation comportementale pour anticiper si une personne et une mission vont réellement fonctionner ensemble. Avant l'engagement, pas après.

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Questions fréquentes

Quelle est la traduction de « soft skills » en français ?
La traduction la plus exacte est « compétences comportementales ». On rencontre aussi « savoir-être », plus ancien et davantage associé à l'attitude, et « compétences transversales », qui est plus large et inclut des compétences techniques transférables. Dans l'usage professionnel courant, le terme anglais reste largement dominant.
Combien de soft skills existe-t-il ?
Il n'existe pas de liste fermée, et les inventaires publiés vont d'une dizaine à plusieurs centaines d'items selon le niveau de détail retenu. Les regrouper par famille — relationnelles, cognitives, émotionnelles, organisationnelles — est plus utile que chercher un nombre exact.
Comment identifier ses propres soft skills ?
Deux points d'entrée pratiques : ce que vos collègues viennent vous demander, et ce que vous faites sans qu'on vous le demande. Les deux révèlent des comportements que vous ne remarquez plus parce qu'ils vous semblent évidents. Une évaluation comportementale standardisée apporte un regard extérieur là où l'autoévaluation est peu fiable.
Quelles soft skills mettre sur un CV ?
Aucune sous forme de liste d'adjectifs. « Rigoureux, autonome, bon communicant » ne dit rien, parce que tous les candidats écrivent la même chose. Ce qui fonctionne est de les démontrer dans la section expérience : une situation, une action, un résultat.
Les soft skills sont-elles plus importantes que les hard skills ?
La question est mal posée : les deux sont nécessaires et ne remplissent pas la même fonction. Ce que montre la recherche, c'est que les processus de recrutement évaluent bien les hard skills et mal les soft skills, alors que les échecs se produisent presque toujours du second côté. Le déséquilibre est dans l'évaluation, pas dans l'importance.
Robertino Calcaterra

Robertino Calcaterra

Growth & Marketing at Migbirds